Alan Sydney Patrick Rickman est né le 21 février 1946 in Hammersmith, Londres, Angleterre. Après les beaux-arts il monte sa propre compagnie de graphisme, "Graphiti", au c½ur même de Soho. Pendant trois ans, il va aussi bien créer des jaquettes de romans, des couvertures de 33 tours – fin des années soixante oblige – en passant par des livrets subversifs pour le socialisme.
A l'ARAD justement, il rafle tous les prix les uns après les autres. Puis il part à Bristol et ensuite rejoint la Royale Shakespeare Company. C'est lors de la saison 1985/86 que sa vie va basculer. Il interprétait alors le Vicomte de Valmont dans la pièce inspirée du livre de Choderlos de Laclos Les Liaisons dangereuses. Il y fut incroyable non pas à cause de son immoralité, mais parce qu'il y était irrésistible, et vous ne pouviez pas ne pas le vouloir. Lindsay Duncan, qui jouait la Marquise de Merteuil, de préciser au soir de la première: "Beaucoup de personnes ont quitté le théâtre ce soir le désir chevillé au corps, et la plupart de ces personnes aurait voulu assouvir ce désir avec Alan Rickman".
Cependant, dans tous ces films, il est toujours second rôle, alors qu'au théâtre il explose littéralement et chacune des pièces dans laquelle il est se joue à guichets fermés; il est encensé aussi bien par la critique que par le public. En 1992, il est un Hamlet si remarquable qu'il donne l'impression de raconter une histoire inédite, il réinvente l'histoire du Prince du Danemark!
M. Rickman n'a pas la langue dans sa poche et une réputation d'acteur difficile sur les plateaux. Ainsi, Simon McBurney, qui a travaillé avec lui sur le tournage de Mesmer, dit que la collaboration ne fut pas une partie de plaisir, se plaignant du manque de communication et des frictions que cela a pu occasionner. Roger Spottiswoode, réalisateur de Mesmer, de rajouter qu'il n'est effectivement pas très enclin à essayer de nouvelles idées et qu'il va tout d'abord tester son réalisateur avant d'accepter. Mike Newell le trouve lui très charismatique et tout comme les plus grands un collaborateur. Il le dit neurotique, mais intense, terriblement concentré et autoritaire. Le principal intéressé estime que son côté difficile lui vient de son approche du métier d'acteur, et que ceci qui ne le dérange nullement. Ce qui l'intéresse avant tout, c'est que les gens croient à ses personnages. Pour lui c'est le plus important, si les spectateurs ne sont pas convaincus, c'est un échec.
Alan Rickman a plusieurs fois été décrit comme trop intelligent pour être un acteur:
Des histoires que l'acteur aime variées, du film policier, Judas Kiss, à la comédie, Galaxy Quest, en passant par le fantastique, Harry Potter, rien n'arrête Alan Rickman. Acteur de théâtre, de cinéma, réalisateur, producteur, il est sur tous les fronts. Il poursuit son gros bonhomme de chemin loin des sentiers battus de la gloire et de ces limousines qu'il déteste: "La première fois que je me suis assis dans une limousine, les vitres fumées sont montées et j'ai instantanément su ce que cela signifiait: me garder aussi loin que possible du monde extérieur – quel terrible concept! Le problème c'est que le succès est bien souvent mesuré en terme d'isolation. A Los Angeles, il est mesuré par la hauteur des murs autour de votre maison et par la taille même de cette maison. Ce n'est pas une vie pour moi. Le plus vous avez de succès, plus grande est la pression de vous retirer du monde réel". Peut-être que la relative notoriété d'Alan Rickman est liée à cette diversité qu'il a choisie, au monde du théâtre qui, contrairement à celui du cinéma, rapproche les acteurs du public. Ou peut-être qu'effectivement il est trop intelligent pour se laisser séduire par la poudre aux yeux du mirage de la gloire? Quoi qu'il en soit, well done M. Rickman, et une longue vie dans le monde réel!